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Renard'eau douce ft. Hǎi MěiYù

Mar 9 Aoû - 12:02
Renard'eau douce

feat Mer de Jade, le bébé des océans.
Ecrit sur Kuon No Umi de Akiko Shikata.
Lutèce s'exprime en #6E5D8C


Le vent balaye la côte avec ferveur, trainant dans son sillage la fraicheur de l’eau et son odeur de sel. Le seul bruit des chutes d’eaux proche vient perturber le silence naturel des lieux, comme si l’onde se refusait à laisser l’immobilité prendre l’ascendant dans sa région. Au milieu des roches érodées et des plages, une chevelure rousse bouge comme un étendard sanglant. Pied dans les vagues, manteau dans le vent et cul dans le sable, Lutèce attend. Elle n’avait pas eu énormément d’information, mais, le peu qu’elle avait pu trouver s’était mises à tourner en arrière fond de son esprit. L’Amirale Dragon. Une Petite Brune au caractère de Ryuta de 27 ans, surnommée Reine des océans par les bureaucrates. Elle était de un an sa cadette, mais visiblement, la meneuse de navire n’avait rien à lui envier en résultat de méritocratie. Elles étaient toute deux des femmes de pouvoir, au sein d’un monde majoritairement d’homme.

Cette simple constatation rend la rousse nerveuse. Si elle vexe les alliés de Shu, elle est bonne pour une correction mémorable. Il faut qu’elle fasse preuve de sagesse, pour une fois dans sa vie. Elle avait déjà mis tous ses efforts dans l’écriture d’une missive « correcte » à l’intention de Hǎi MěiYù. Quelque chose de simple, une demande de rencontre, selon ses directives, pourvu qu’elle puisse les honorer. En partant du palais pour Minam, Lutèce avait fait main basse sur un arc, ses éventails et une foule de petite babiole sensée porter bonheur. Elle ne pensait pas particulièrement en avoir besoin mais, Kitsune seul sait pourquoi, elle n’avait rien voulu laisser au hasard. Aussi restait-elle patiemment assise sur sa plage, à attendre un signe de vie de l’équipage qui l’aiguillerait sur la marche à suivre. Pour seule distraction, elle avait l’aigle sur son poing. Un brave petit compagnon qui, quelques heures plutôt, s’était rapproché pour l’observer. Elle n’avait eu qu’à user d’un peu de son pouvoir pour que l’animal surmonte sa peur naturelle de l’Homme et ils étaient depuis, copain comme cochon tant que la rousse ne lui demandait rien de trop complexe.

« Et toi, Samuel, t’en pense quoi de tout ça ? Tu crois que je vais encore faire une connerie ou que je vais réussir à faire mochi sur bambou ? » L’aigle penche la tête puis se contente d’écarte ses ailes en poussant un long cri perçant, faisant soupirer la rouquine. « Ouais. On est d’accord, ce n’est pas dans mes gênes d’arrêter de papillonner. Mais voyons le bon côté des choses, on va pouvoir naviguer tous les deux. Moi qui n’aie jamais pris le bateau de ma vie, ça va me changer des plaines et des montagnes. C’est chouette non ? »

L’oiseau quitte sa main et s’élance dans le ciel sans lui adresser un regard. Il se met à décrire de long cercle avant de réitérer son cri, faisant sourire la jeune femme. Les contacts avec la faune lui faisaient oublier les alentours et, plus intéressant encore, sa nervosité. Lutèce se mit à longer la plage, suivant l’ombre du prédateur sur le sable, sac de provision à la main. Elle profite de l’air, de l’ambiance mais surtout de cette tranquillité qui n’existe que rarement au sein du palais et encore plus du paysage à coupé le souffle que la Catastrophe a taillé dans la roche à coup de machette négligent. Tout ce qu’elle avait à faire, de toute façon, s’était attendre. Alors à quoi bon se presser ?

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Mer 10 Aoû - 16:37

RENARD'EAU DOUCE
Lutèce Sy'Gram & Hǎi Měi Yù
Minam avait tant changé depuis sa seconde naissance. Autrefois de vertes prairies, le Cataclysme en avait fait une région de grands lacs encastrés entre des collines rocheuses et moussues, qui accueillait en son sein une mer intérieure - plus vaste qu'elle n'aurait du l'être selon les lois de la physique car tenant lieu de portail vers un autre monde. Mais pouvait-on réellement dire que la nature avait repris ses droits ? Les terrains impraticables avaient certes fait fuir les bergers, mais l'intérêt nouveau pour cette civilisation inconnue, ce lieu étrange qui se faisait appeler Elwynn, façonnait les côtes de jour en jour. Si la majorité méfiante avait déserté Minam, des petits noyaux de populations s'implantaient en des villages médiocres, exigus et mal raccordés, sous la contrainte géographique – pour la plupart constitués de marchands, de pêcheurs, d'érudits et de soldats en fonction qui se devaient de prévenir la menace de l'inconnu. Cette urbanisation de fortune était un spectacle étonnant pour les géographes car non résultante d'une implantation progressive et historique : la nature indomptable, sauvage et imprévisible s'étendaient en hectares autour de maisons à pilotis abritant les technologies les plus modernes, et la coupure entre l'Homme et la Mer était si nette que l'on aurait cru un portail à chaque hameau.

Le vaisseau-amiral avait jeté l'ancre dans ce qui se rapprochait le plus d'un port, mais c'était là encore très rudimentaire au point qu'il fallait encore descendre en barque pour atteindre comme un quai flottant. Tout manquait, en particulier le bois depuis que les arbres avaient été arrachés par le courant. Plutôt que les bêlements des brebis, le son des cloches et des branches frémissants sous le vent, il n'y avait plus que le ressac d'une mer neuve et encastrée, et la pluie perpétuelle de cascades aux sources inexplicables. A la nature insondable s'associait le train de vie mouvementé et bruyant des marins préparant leur départ, le chargement de vivres, les clameurs des nouvelles, des marchands happant la curiosité des passants qu'ils soient de Nah ou d'ailleurs, les cris du maître de chantiers coordonnant les mouvements de ses ouvriers – en bref, le tintamarre d'un centre-ville naissant. Sur ce qui devait être un dock, Měi Yù s'assurait que ses hommes agissaient selon sa volonté avant de se permettre de leur accorder une plus grande autonomie.

Elle était fébrile – d'aucun aurait cru que la raison était sa rencontre avec une toute nouvelle personnalité de la scène politique, la vassale de l'Empereur. Pourtant non, elle ne la redoutait pas pour elle-même ni pour son rang, elle était habituée à traiter avec l'Empereur et ne défaillait pas pour autant à son approche, et ce n'était certainement pas une sous-fifre qui la ferait trembler. Mais quelque chose d'autre la tracassait ici sans qu'elle pusse s'expliquer quoi. Le lieu en lui-même lui paraissait ne pas être juste, il n'aurait jamais du exister ainsi, sous cette forme et elle avait un mauvais pressentiment. Ce village sonnait faux, ses habitants étaient creux. Son regard contrarié se porta vers le large – la mer était agitée, l'air était lourd et froid, elle redoutait la tempête. Les choses ne tournaient pas rond sur terre, et elle n'avait d'autre désir que de remonter à bord, de s'enfermer seule dans sa cabine et de réfléchir à des choses innombrables. Mais hélas, voilà qui ne serait pas exaucé avant encore un bon moment, aussi elle tâchait de respirer calmement et de laisser de côté la tension que lui communiquaient les flots.

Elle sortit de sa veste d'apparat – car elle s'était vêtue fastueusement pour l'occasion – une lettre qu'elle relut longuement. C'était la missive qu'elle avait reçue de Lutèce Sy' Gram et à laquelle d'ailleurs elle avait répondu très formellement. En tant que vassale, elle devait être plus ou moins familière avec ses missions, aussi décider de Minam comme lieu de rencontre n'était pas dénué de sens et témoignait de son intention de ne pas la déranger outre mesure. Elle replia la lettre, constatant au passage que celle-ci avait une fois de plus dominé de sa note mentholée l'iode marine omniprésente au point d'en surprendre ses narines. Elle la glissa dans sa poche, puis quand ce fut fait, elle en tira sa montre à gousset – il était l'heure juste, aussi interpella-t-elle son second et le chargea-t-elle d'assurer ses fonctions le temps qu'elle se libère des siennes propres. Elle descendit des quais, franchit en quelques courtes enjambées ce village minuscule et retrouva aussitôt la domination des eaux. Quelques pas suffisaient à échanger la cacophonie de quelques douzaines avec le silence impérieux des forces naturelles.

Elle n'était pas difficile à remarquer. Elle était la seule flamme rougeoyante qui ne redoutait pas les assauts aqueux, et se prélassait dans le sable sans risquer de s'éteindre. C'était à croire qu'en ce monde, la rousseur était un allèle dominant. De ce qu'elle vit à cette distance, la jeune femme faisait s'envoler un rapace d'entre ses mains, et c'était un fait assez surprenant pour que l'on s'y arrête. Měi Yù n'en fut pas estomaquée le moins du monde, mais trouva dans l'instant une poésie qui n'était pas déplaisante. Elle approcha d'un pas décidé, ses bottes en cuir noir cirées écartant les dunes comme Moïse la mer Rouge. La demoiselle se releva avant qu'elle pusse achever de parcourir la distance qui les séparait et commença à longer la plage dans sa direction. L'avait-elle vue ou s'était-elle lassée d'attendre le cul en bord de plage ? L'Amirale franchit les dernières dizaines de mètres entre elles, notant l'instant où elle serait finalement remarquée. Une fois à sa hauteur, si tant est que Měi Yù puisse un jour rivaliser en taille avec quelqu'un, elle l'interpella avec toute sa bonne volonté.

« Lutèce Sy' Gram, je présume ? Amirale Hǎi – toutes mes excuses si je vous ai faite attendre. »

Elle la salua formellement pour ne pas dire militairement, puis se tint fermement sur ses deux jambes, tel un colosse d'un mètre cinquante-cinq tout paré de son uniforme, pour lui tendre une main amicale. Měi Yù souriait poliment tout en la détaillant du regard. Lutèce était une femme tout particulièrement belle – mais qui ne l'est pas, me direz-vous, dans ce monde où toutes les femmes semblent être nées de Vénus et arborer de multiples atouts proéminents ? Pourtant, celle-ci devait faire chavirer les cœurs d'autant mieux qu'elle avait un je-ne-sais-quoi de plus, un charme inexplicable qui devait s'associer, sans doute, à son teint fragile et ses mains délicates - et elle sentait fort. Měi Yù n'avait jamais été une adepte de la menthe, mais c'était toujours mieux que l'odeur de sueur et les pieds des marins. Elle espérait que cette petite graine de sauvageonne n'avait pas l'odorat trop sensible, si elle comptait mettre le pied sur le pont de son bateau.

« C'est un plaisir de rencontrer la vassale de mon Empereur. »

Elle ignorait quels étaient les plans de la demoiselle, autre que le simple fait de la rencontrer ce qui était chose faite. Elle lui paraissait neuve et limpide, et s'était montrée proche de la nature – un genre, donc, à ne pas se mêler de la politique. C'était à se demander comment elle en était arrivée à ce rang, et c'était une question qu'elle ne laisserait pas de poser un peu plus tard. Les premières impressions d'abord, l'interrogatoire, ensuite.



Conversation : #207a71

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Sam 13 Aoû - 13:05
Renard'eau douce

feat Mer de Jade, le bébé des océans.
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Lutèce s'exprime en #6E5D8C


Des bruits de pas tirent la rousse de sa rêverie. C’est sans aucune surprise qu’elle scrute l’arrivante qui traverse la plage vers elle. Nul besoin de procéder aux présentations, elle n’avait eu qu’un coup d’œil à donner pour savoir à qui elle avait affaire. Qui, parmi tous les villageois de Minam, pourrait porter une veste de brocard aux galons dorés frappée au blason de l’Empire si ce n’est-Elle ? Les rapports n’avaient pas menti mais ils manquaient des détails intéressants. Sa prestance, par exemple.
La mer, de ce que Lutèce en savait, était un lieu d’homme. Une petite femme comme elle, à la tête des vaisseaux, c’était un tour de force. Mieux, c’est l’essence même de cette force latente et de cette sévérité silencieuse qui peuple son aura. Un mental de fer, dans un corps qu’on ne pouvait que sous-estimer. Sa démarche, aussi, trahit son habitude d’être poursuivie par une foule de chose. Les mains dans le dos pour les réflexions, les pas pressé pour l’urgence de régler un souci à l’autre bout du vaisseau, le début de ride des génies contrariés aux coins de son regard. A elle seule, l’Amiral Dragon mélange toutes les idées que Lutèce s’est faite des stratèges de la table de l’Empereur.
Des gens brillants mais dont les passions pouvaient devenir des nuits blanches de pensées et de tourments.

« Lutèce Sy’Gram, je présume ? Amirale Hǎi – toutes mes excuses si je vous ai faite attendre. C'est un plaisir de rencontrer la vassale de mon Empereur

Un sourire nait sur les lèvres de la rousse. La posture raide de son interlocutrice rend sa main tendue presque étrange. Son regard passe sur le corps de la Kitsune comme une brûlure. Habituée à être jaugée, elle ne s’en formalise même plus mais son cœur vous dirait qu’elle ment.
Il bat la chamade, d’excitation et d’inquiétude. Sa magie aussi. Elle semblait avoir perdu le contrôle sur elle-même, la menthe signature de sa présence volant aux quatre vents. Droite devant la brune, elle finit par saisir la main tendue. Sa paume se souvient encore de la chaleur des plumes et de l’odeur de l’oiseau qui vole au-dessus d’elle, comme un étendard. Celle de la navigatrice a les cals de quelqu’un habitué à manier les épées et un je-ne-sais-quoi d’inconnu. Peut-être est-ce le sel ?

« Un plaisir partagée Amirale. Et ne vous excusez pas : c’est moi qui m’impose, je peux bien attendre que vous soyez disponible. » Samuel choisit cet instant pour redescendre, rasant la mer en se précipitant vers la rousse avant de remonter en frôlant son crâne. Le sourire de Lutèce s’agrandit. Leur main se quitte, la sienne plongeant dans ses fontes pour en sortir la lettre d’information qu’on lui avait donnée en partant. « Je m’en remets à vous. N’ayant jamais été en mer, j’espère que je ne ferais pas trop de gaffe sur le pont. »

Elle est parfaitement consciente que ce papier, en plus d’avoir eu un transporteur prenium, est certainement un renseignement important. Pas de l’Empereur, puisque ce n’est pas son papier mais sans doute de quelqu’un d’important. Le maitre espion, dont elle s’est figuré l’existence, peut-être ? Lutèce avait eu tout le temps de la retourner dans tous les sens en traversant Nah mais jamais elle ne l’avait ouverte. Elle voulait découvrir le pot aux roses en même temps que sa destinataire. Qu’avait-il prévu pour justifier en double la raison de la présence de sa rousse favorite dans les environs ? Sans aucun doute, il avait eu une idée derrière la tête en lui faisant porter ça. D’un sifflement, Lutèce ramène l’oiseau à elle. Samuel se pose sur son poing après un long moment à scruter les alentours, remuant nerveusement ses ailes jusqu’à ce que sa « maitresse » change subtilement son odeur. La mûre balaye la menthe, tirant un soupir de contentement à l’aigle. Quelque chose le perturbe et l’instinct d’un animal ne ment pas. La rousse lui jette un œil avant de revenir à l’Amirale.

« Peut-être ferions-nous mieux de l’ouvrir à bord. Cela vous laissera le temps d’en prendre connaissance pendant que je fais le tour de l’équipage et que j’essaie d’y trouver ma place, qu’en dites-vous ? »
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